ImprimerEnvoyer

Il est autant mort pour vous que pour moi

Mgr Mansour Labaky

Changer taille:

Extrait des émissions "Lo Tedhal-La Takhaf"

Il est autant mort pour vous que pour moi

Le Christ est mort pour moi. Cela signifie qu’il est mort pour vous aussi. A partir de là, comment vais-je pouvoir me comporter avec mon voisin ? Ce n’est pas seulement moi qui m’interroge, tous les Saints ont soulevé cette question. Quel comportement devons-nous adopter vis-à-vis de celui pour qui le Christ a donné sa vie ?

Lorsque Louis XII a accédé au trône de France, il a demandé la liste de tous les employés du palais et des politiques, puis il a tracé des croix rouges devant les noms de ses adversaires, de ses ennemis, de l’opposition en somme. Ils l’apprirent avec beaucoup d’appréhension. Le roi les convoqua pour leur dire : "Je vous ai tous repérés sur cette liste. Mais je vous ai accordé ma grâce, car le Christ est autant mort pour vous que pour moi". Vous vous rendez compte ? Un roi qui tient ce langage !

Saint Antoine de Padoue nous rapporte l’histoire d’une femme qui envoya son fils étudier en France. Il se révéla un génie. Mais, ayant pris conscience de sa vocation, il entra dans un monastère pour embrasser la vie religieuse. Sa mère l’apprit. Elle le rejoignit et le supplia de renoncer à son projet : "Mon fils, as-tu oublié les sacrifices que j’ai consentis pour toi, tout ce que je t’ai offert… mes souffrances ?". Convaincu par ces paroles maternelles, il lui répondit : "D’accord, je vais rentrer avec toi, mais laisse-moi d’abord aller faire mes adieux au Christ". Ce qu’il fit. Mais Jésus l’interpela : "Les sacrifices de ta mère sont-ils plus grands que ceux que j’ai endurés pour toi ? Ta mère a-t-elle souffert plus que moi ? Vas-tu me préférer ta mère ? Je la protègerai si tu restes ici".

Il y a aussi cette histoire que nous avons pu lire dans notre enfance. Il s’agit de l’évêque de Nole en Italie, Saint Paulin. Lorsque les Vandales envahirent ce pays, ils emprisonnèrent beaucoup de gens. Cet évêque vendit alors tout ce qu’il possédait pour racheter les prisonniers et nourrir les pauvres gens. Un jour, une femme vint le voir et lui annonça que les Vandales avaient arrêté son fils, son seul soutien, et que pour le relâcher, ils réclamaient qu’un autre se constitue prisonnier à sa place. L’évêque lui fit cette proposition : "Je vais t’accompagner. Tu diras que je suis ton esclave et ainsi je pourrai remplacer ton fils en prison". Après avoir d’abord refusé, la femme finit par céder devant l’insistance de l’évêque. Lorsqu’ils se présentèrent devant le roi des Vandales et qu’ils lui soumirent leur offre d’échange, celui-ci devina le subterfuge et fut si ému qu’il libéra le fils sans contrepartie.

Voyez-vous jusqu’où peut aller l’oblation ?!


Powered by Web Agency