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La semaine du Décalogue

Écrit par Mgr Mansour Labaky Jeudi, 14 Mars 2019 00:00

Mgr Mansour Labaky

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Extrait des émissions "Lo Tedhal-La Takhaf"

La Semaine Du Decalogue

Dans les conversations, durant les soirées, les idées et les opinions, concernant l’Eglise, l’Evêque, le Patriarche et le Pape, fusent de tous côtés. On veut réorganiser l’Eglise à notre goût et nous rejetons tout ce qui ne nous plaît pas.

Il est beau d’échanger, mais les réponses ne sont pas toujours convaincantes. Car celui qui pose une question ne souhaite pas toujours trouver une solution, mais cherche plutôt matière à débattre. Celui qui pose des questions seulement pour bavarder, même si tu lui dis que "2 et 2 font 4", il te répondra que ça dépend, que cela peut aussi bien faire 3, selon que tu es vendeur ou acheteur. Le principal, c’est d’avoir raison et d’avoir le dernier mot.

Durant une audience avec un Pape illustre, un philosophe français, accompagné d’une délégation d’intellectuels, proposa au Saint Père : "Sainteté, au lieu que le Carême soit de quarante jours, pourquoi ne pas l’étaler sur quatre saisons de dix jours ? De cette manière, le jeûne serait moins dur". Au lieu de lui répondre comme on le fait en général dans de tels cas : "Nous allons y penser. Votre proposition est intéressante. Présentez-moi une requête….", le Pape répliqua : "L’Eglise, dans sa sagesse et sa connaissance de la nature humaine, sait que si elle se conforme à vos dires, les gens célébreront le Carnaval à quatre reprises, mais n’observeront aucune fois le Carême". Ce qui est bien vrai. S’il y avait plusieurs carêmes de dix jours, nous fêterions maintes fois le Carnaval, en buvant à la santé de chacun…

L’homme a tendance à tomber dans la tentation. Alors Jésus vient nous proposer une solution qui nous élève car le Carême élève l’âme, grâce à la prière. Et malgré tout, nous voulons bannir la prière et le jeûne. Mais quand nous les éliminons, qu’est-ce qui arrive à l’humanité ? Les vols, les calomnies et les guerres... Cela veut dire que quand sont supprimés les garde-fous qui empêchent de tomber dans le ravin, nous nous retrouvons au fond du précipice.

Jetons un coup d’œil sur la situation actuelle du globe. Est-ce qu’il y un seul pays idéal ? Pourquoi ? Parce que nous ne vivons pas selon la Loi divine. Imaginez que nous devions vivre une semaine selon les commandements de Dieu ; on l’appellerait "la semaine mondiale du Décalogue". Pendant ce temps, tous les gens honorent leur père et leur mère. Aucune dispute entre les parents. Tout le monde prie et tout le monde s’aime. Il n’y a pas de crimes, pas de policiers, pas de prisons, pas de Ministère de l’intérieur. Personne ne commet l’adultère, comme si tous vivaient dans un couvent de Trappistes. Personne ne fait de faux témoignages. Pas de tribunaux…

Mais regardez notre situation d’aujourd’hui. Nous avons mis Dieu au rencart et le Diable, c’est-à-dire le Serpent, parade. Et malgré tout, on s’en prend à l’Eglise, au Pape, au Patriarche : "Pourquoi ne font-ils rien ?". Nous autres, prêtres, nous avons beau parler mais qui nous écoute ? Jésus a prêché mais qui l’a écouté ? Le Maître a parlé et ils l’ont crucifié. Mais le Seigneur a poursuivi sa mission.

Combien de gens ont critiqué l’Eglise et le Pape Jean-Paul II mais il a continué son chemin. Il a parcouru tout le globe sans broncher. Et il a dit ce qu’il avait à dire. Et les mêmes personnes qui l’avaient critiqué, en lui reprochant les dépenses publiques que ses voyages occasionnaient, l’ont finalement applaudi et sont venus lui présenter des excuses.

O homme continue ta marche car Dieu t’habite : "Si Dieu est avec nous qui sera contre nous ?".


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